Paris Web 2017, retour sur 3 jours d’un évènement exceptionnel

Cette année, j’ai assisté à mon premier Paris Web. Ça faisait longtemps que je voulais y aller mais l’éloignement, le budget, l’organisation, tout ça… a fait que finalement, je n’avais jamais sauté le pas.

Grâce à Carine, la présidente de l’association, je l’ai finalement fait, et, avec le challenge d’être oratrice. Je vous en reparlerais plus tard.

Je n’ai qu’une hâte maintenant, c’est d’y retourner tellement c’était bien !

Paris Web, c’est un peu le monde des bisounours (promis, je fais l’effort d’oublier ce vigile avec ses questions intrusives pour ne garder que le meilleur !).
On rencontre plein de gens sympas et bienveillants (même si j’ai été intimidée de rencontrer certaines personnes avec lesquelles je n’avais échangé que via Twitter auparavant). Ils parlent de sujets très intéressants qui me parlent à moi aussi : l’intégration, l’accessibilité, la qualité, le féminisme… n’en déplaise à certains. Parler de ces sujets avec toutes ces personnes réceptives et connaisseuses est exaltant. Paris Web se dit « l’événement des gens qui font un web de qualité » et il a bien raison !

J’ai donc eu envie de faire un article de retour sur certaines conférences et ateliers auxquels j’ai assisté, participé.

Pour l’instant, les vidéos n’ont pas été découpées mais vous pouvez retrouver sur le Github de Christophe Vergne le lien vers chaque début de conférence.

Hygiène numérique (conférence et atelier), par Delphine Malassingne

Dans sa conférence Je prends en main ma vie numérique… et c’est pas si facile !, Delphine nous invite à réfléchir à notre hygiène numérique et à dédramatiser. On exercent des métiers où on connaît ces sujets-là mais on ne fait pourtant pas tout pour se protéger (mots de passe, chiffrement des mails, stockage des données, etc.). C’est normal car ce n’est pas si facile.

Dans son atelier Hygiène numérique, elle va un peu plus loin en nous donnant des pistes pour s’améliorer.

Elle m’a ouvert les yeux et j’ai commencé à m’y mettre. Ça prend du temps, on ne peut pas tout faire et ce n’est pas simple (elle nous avait prévenu·e·s !) mais ça me semble nécessaire de faire ou ne pas faire les choses en connaissance de cause. Merci !

Accessibilité numérique à l’ère de l’intelligence artificielle, par Élie Sloïm et Denis Boudreau

Élie et Denis nous racontent un monde où l’intelligence artificielle permet d’aider l’accessibilité des contenus. Ils nous parlent de différentes avancées comme :

  • la description automatique d’image
  • la reconnaissance faciale
  • la lecture sur les lèvres automatique : Google DeepMind reconnaîtrait 48% des mots (plus que l’humain)
  • la reconnaissance automatique de langues des signes
  • la traduction automatique en temps réel
  • la production automatique de résumés de contenus qui pourrait aider pour les personnes à handicap cognitif ou atteintes de dys
  • la reconnaissance vocale, le machine learning (sous-titrage automatique : à améliorer selon les accents, le débit…)
  • la reconnaissance automatique de conversation : Ava (une application de sous-titrage de la vie réelle pour sourds et malentendants)

Ils nous disent qu’on peut assembler tout ça pour des applications encore plus utiles comme WordLens, Aipoly, SeeingAi, Orcam.

On n’en est pas encore là et je ne suis pas certaine que la description automatique d’image soit vraiment nécessaire à tout point de vue car cela peut être plus du bruit qu’autre chose pour une personne non voyante. Cependant, on ne peut pas nier qu’il y a de belles avancées même si une passe humaine est souvent nécessaire pour corriger les IA aujourd’hui. On peut avoir des surprises avec les traductions ou transcriptions automatiques.

Au final, nos métiers devraient changer et on deviendrait peut-être tous des « enseignants d’IA », selon leurs mots.

Une conférence intéressante que je vous invite à regarder.

HTML re-invented for the age of web apps, par Lea Verou

Lea Verou a présenté l’outil MAVO, une extension du langage HTML, qui permet de créer des applications web sans écrire de JavaScript et dont l’interface serait aussi accessible que possible. On peut éditer les éléments dans le navigateur et créer d’une interface de contribution ou d’applications rapidement.

L’outil semble intéressant et j’ai bien envie d’y jeter un œil à l’occasion pour voir ce que ça donne.

Namaste qualité, par Marie Terrier

Marie fait un retour d’expérience sur la façon dont s’est passé un projet avec une équipe entre Inde et France. Les anecdotes font sourire mais on se rend bien compte que le fait que ce soit en Inde ne fait pas forcément la différence. Ces quelques phrases sont valables partout :

  • On n’a pas tous la même idée de la qualité.
  • On devrait rendre tout le monde responsable de la qualité du projet (chef de projet, testeur·euse·s, développeur·euse·s, etc.)
  • On devrait développer l’esprit critique des développeur·euse·s (expliquer les enjeux, les retombées…)
  • On doit s’assurer que les informations transmises sont reçues et comprises (faire reformuler…).

L’épopée d’une couleur, par Maryla U.

Une conférence où Maryla parle de longueur d’onde, de cônes, de spectres et de couleur. C’est assez technique mais on apprend beaucoup. On apprend notamment à voir les couleurs autrement. On apprend que la couleur est une sensation, notre façon de distinguer des spectres.

Par exemple, il y a une perte d’information lorsque la couleur arrive à notre œil ou à l’appareil photo : les 2 ne voient pas pareil car les capteurs d’appareil photo sont sensibles aux infrarouges (même si un filtre enlève les infrarouges ; ce qui limite la différence). De plus, les courbes de couleurs renvoient 3 nombres qui sont pas identiques pour tous les appareils photo.

La reproduction des couleurs dans un fichier est également complexe car elle dépend de l’espace de couleur choisi. sRGB est un standard qui ne contient qu’une partie du spectre.

L'épopée d'une couleur, Maryla U.
L’épopée d’une couleur, Maryla U. – Espace de couleur sRGB

Dans les données EXIF créées par l’appareil photo, on trouve l’espace de couleurs utilisé mais les logiciels ne le respecte pas forcément. On peut alors avoir des rendus complètement différents.

En CSS, l’espace de couleur par défaut est sRGB et Maryla nous apprend alors que dans « CSS color module Level 4″, on devrait pouvoir choisir son espace de couleur.

Mais ça ne fait pas tout car le calibrage de l’écran joue aussi et, lui-même est dépendant de la lumière ambiante.

Bref, finalement, l’utilisateur pose problème aussi car personne ne voit les couleurs de la même façon, qu’on soit daltonien ou pas car on n’a pas les mêmes cônes, pas le même nombre de cônes.

Une conférence à voir assurément ;-)

Dyslexie, des solutions numériques pour rendre le web plus lisible !, par Nathalie Pican et Séverine Malin

Nathalie Pican et Séverine Malin nous parlent ici surtout de la façon dont la barre d’outils Orange Confort+ a été améliorée pour les utilisateurs dyslexiques.

On apprend que la police OpenDyslexic n’est pas toujours appréciée par les utilisateurs dyslexiques qui ne l’ont pas connue dès leurs débuts d’apprentissage de la lecture. Un temps d’adaptation est alors nécessaire. Orange a créé la police Accessible-DFA qui est destinée à être plus lisible pour tous.

Pendant les questions, Stéphane Deschamps a lancé l’idée que tester un site web avec Confort+ peut permettre de mettre en avant ses défauts d’accessibilité, de « montrer à quel point il est pourri ». En effet, une barre d’outils ne peut pas corriger les problèmes d’accessibilité d’un site web.

Design et accessibilité, frères d’arme ou ennemis ?, par Julien Dubedout et Aurélien Levy

Une petite pièce de théâtre (drôle !) entre Julien Dubedout et Aurélien Levy pour montrer qu’il est possible de créer un site accessible avec un beau design.

En effet, si les différents acteurs communiquent pendant la réalisation d’un projet, c’est beaucoup plus simple !

CSS, tu peux pas test !, par Thomas Zilliox

Thomas Zilliox fait le point sur les tests CSS en partant du constat que « CSS, c’est pas simple » pour arriver à « tu peux pas test ! ».

On a beau mettre en place de nombreuses techniques (revues de code, checklists, guide de style, différentiel de captures d’écran, tests automatisés de navigateurs et mobiles, linter…), ce n’est jamais totalement optimal.

Atelier : Prioriser les critères d’ergonomie avec l’accessibilité, yeah !, par Vincent Aniort et Patricia Loubet

Vincent Aniort et Patricia Loubet nous ont proposé un atelier où on évalue une page web en fonction d’une grille liant les critères d’ergonomie avec l’accessibilité. L’exercice a été aussi de prioriser ces critères comme on peut le faire pour l’audit d’accessibilité d’un site également. La grille proposée a été créée au départ pour les projets chez Orange. C’est toujours très intéressant de partager les outils de vérification de la qualité des sites d’autres entreprises.

J’ai aussi pu gagner un livre qui m’a l’air plutôt pas mal dans lequel je compte bien me plonger sous peu !

Atelier : CSP : C’est Super Palpitant, par Nicolas Hoffmann

En réalité, CSP signifie bien « Content Security Policy » mais Nicolas aime bien les jeux de mots :-)

Plus qu’un atelier, c’était une conférence en mode échange car beaucoup de personnes présentes, comme moi, découvraient vraiment CSP (même si j’en avais entendu parlé au détour de tweets de Nicolas). Ça m’a permis de beaucoup apprendre et ça me donne envie de m’y mettre… quand j’aurais un peu de temps devant moi. J’ai bien compris qu’il fallait prendre son temps pour mettre ces mesures en place et éviter les catastrophes !

Les ateliers n’étaient pas filmés mais les slides sur CSP sont disponibles.

Plein d’autres conférences à voir

Je ne peux pas faire un récapitulatif de toutes les conférences auxquelles j’ai assisté alors en voici d’autres que j’ai vues et qui valent le détour :

Merci à Paris Web et à tout ceux qui ont travaillé dur pour faire de cet évènement un super moment !


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